Traduit de l’allemand par le BAF (Bloc Anti Fasciste de Nancy) [Les termes non traduits et les sigles suivis d’un astérisque sont présentés dans le glossaire à la fin du texte. NdT]
Roland Sokol, né le 19.06.1972, dernière adresse : In den Schneidergärten 79 à Karlsbad (76307) près de Karlsruhe, était depuis la fin des années 1980 l’un des protagonistes de la scène skinhead nazie du pays de Bade. Il est mort d’un cancer le 22. 09. 2015. Ses « camarades » déplorèrent sa disparition à la faveur de nécrologies pleines de pathos, avant tout sur Facebook, et le saluèrent comme l’un des derniers skins nazis à être resté fidèle au « mouvement » durant de longues années. La carrière nazie de Roland Sokol commença par sa socialisation dans le milieu skin nazi au début des années 90, se poursuivit en tant que bassiste du groupe « Triebtäter »*, comme hooligan au sein des « Destroyers Karlsruhe », membre de la « Karlsbader Kameradschaft », « Blood&Honour » et « Endstufe-Crew », et pour finir membre des « Hammerskins »*. Sokol avait des contacts réguliers avec des centaines de personnes, y compris au niveau suprarégional et international, notamment avec de grands noms du milieu, de toute l’Allemagne, et il était toujours au fait des évolutions et des débats dans le milieu de la camaraderie nazie. Ce que l’on ne savait pas jusqu’ici : Roland Sokol était un informateur du Verfassungsschutz*.

La chanson de la compagnie : « Il faut que le sang coule »

En marge de ses activités nazies, la vie de Roland Sokol s’est déroulée sans incidents. En 1990, ses parents avaient rompu avec lui, après sa décision de mener la vie d’un skin nazi : « Il y a 21 ans, mon père m’a laissé le choix : coupe de cheveux normale, convictions idem, ou alors dehors. Suis parti. » Le caporal-chef qu’il était n’a pas oublié le temps passé dans l’armée dans la Division blindée 5./294 de la ville de Stetten am kalten Markt : « J’y ai été de juillet 91 à juin 93, mais grade dans la troupe. Pas de stress et j’ai pu passer mon permis. Le Service de sécurité militaire a vachement gerbé. La plus grande partie de la compagnie était de droite. Et notre chanson, c’était : Il faut que le sang coule .... On l’entendait dans toutes les piaules :-) ».

Il fit une formation dans la reproduction offset, et à la fin de sa vie, il alternait entre Hartz IV* et de brefs CDI dans l’impression numérique. De temps en temps, il essayait d’améliorer ses revenus irréguliers grâce à un service de vente par correspondance peu lucratif « Patria-Versand », qui vendait des articles nazis sur internet. Après la séparation en 2006 de sa femme de l’époque, Stefanie Sokol, née Grün, il vivait la plupart du temps seul, ne voyant que rarement leur fille commune. Malgré quelques emplois passagers à Düsseldorf, Brême ou en Suisse, la région de Karlsruhe resta son port d’attache.

Diminuer le salaire des nazis : supprimer le Verfassungsschutz !

Roland Sokol a fait tout ce qu’il a pu pour se soustraire au versement de la pension alimentaire pour sa fille. En 2012, il a affirmé à des camarades qu’il travaillait à Brême : « AR Carton. Mais attention : pas de ragots SVP. Sinon, c’est tout de suite les coups de téléphone, parce que Steffi se précipite chez l’avocat pour la pension etc. » De la même manière, il a essayé de dissimuler son emploi en Suisse. Le Verfassungsschutz observait et lui versait un salaire non imposé en prime. Sokol avait une tendance à s’apitoyer sur son sort, mais il a su tirer parti de ses déboires sentimentaux autant que de ses longues activités nazies et de la crédibilité acquise, pour nouer des relations – et les conserver – avec divers nazis éminents : « Tout était chaotique chez moi durant toutes ces années. Puis, ça a été le choc : Plus de femme, plus d’enfant, plus de boulot, plus d’appartement à moi – dettes – à bout de nerf ; à bout de santé. Maintenant, je suis divorcé. Tout ça m’a pas mal éprouvé. J’avais été 14 ans avec Steffi. C’est la vie. Mais je n’ai pas changé par rapport à autrefois, je suis juste plus calme après tout ce que j’ai vécu. » Stefanie Sokol est nazie comme Sokol ; dans la guerre des roses qui donna lieu à un procès, elle a été défendue par l’avocate du NSU Nicole Schneiders. L’avocate de Sokol était Meike Hammer, la femme de l’avocat de nazis et soliste de « Noie Werte »* Steffen Hammer.

Triebtäter Forever, Forever Triebtäter

Le groupe nazi « Triebtäter » passe pour le groupe de musique skin nazie classique ; les textes de ses chansons diffusent une propagande de violence et de mépris pour le genre humain. Ont été membres de « Triebtäter », en plus du chanteur Christian « Chris » Clewing, en se relayant : les guitaristes Ralph « Ralle » Burkart, « Tweety » Wied et Markus Wagner, les batteurs : Thomas Nothdurft, Thomas « Schurri » Schurr et Alexander Zinn pour l’enregistrement de la démo, et pour le premier CD, Marco Rössle, et pour le deuxième et le troisième CD Roland Sokol à la basse. La première démo, publiée en 1991, avait déjà été indexée.

« For the Blood&Honour »

Le milieu skin nazi du Bade-Wurtemberg a été fortement influencé par le groupe nazi britannique « Skrewdriver », dirigé par Ian Stuart Donaldson, mort le 24 septembre 1993, mais révéré jusqu’aujourd’hui. « Skrewdriver » s’est produit plusieurs fois à Stuttgart, dans le troquet « Kolbstube » ; Ian Stuart Donaldson y aurait même habité par moments. Le dernier concert qu’ils ont donné à Waiblingen le 10 juillet 1993 a été organisé par les « Kreuzritter für Deutschland »* autour d’Andreas Voigt et Alexander Heinig. « Skrewdriver » et « Triebtäter » y ont joué.

« Il avait consacré sa vie entière à la cause. » Voigt, qui vivait depuis longtemps déjà à Berlin, est l’un de ceux avec qui Sokol est resté en contact jusqu’au bout. Les structures skin nazies autour des « Kreuzritter für Deutschland » et le label « Noei Werte GBF records », passent pour des précurseurs de Blood&Honour dans le Bade-Wurtemberg, où l’on passe parfois directement de l’un à l’autre. En plus de Ian Stuart Donaldson, Steve « Stigger » Calldine était lui aussi membre du groupe « Skrewdriver ». Roland Sokol le considérait comme un ami personnel et lui demandait régulièrement de se produire. Stigger joua à la fête nazie pour les 40 ans d’Alexander Heinig, le 19.03.2011 à Vaihingen, où étaient présents Roland Sokol et les anciens membres de « Triebtäter », Alexander Zinn et Marco Rössle.

Sursis sur les scènes nazies

En mars 1994, le tribunal de Stuttgart condamna les membres de « Triebtäter » de l’époque pour diffusion de propagande pour des organisations anticonstitutionnelles, usage d’insignes d’organisations anticonstitutionnelles et diffusion d’écrits pornographiques et célébrant la violence, à des peines de prison avec sursis allant de 6 à 10 mois. Le groupe se produisait tous les ans dans toute l’Allemagne lors de nombreux concerts nazis, souvent avec d’autres groupes connus du même milieu. Certains de ces concerts nazis jouissaient d’une très large audience. C’est ainsi que le 30.09.1995, « Triebtäter » a joué avec « Radikahl »*, « Noie Werte », ADL 122 et « Mildgards Söner » à Chemnitz, devant 800 skins nazis. En novembre 1994, « Triebtäter » s’est produit à Görlitz ; pour la Saint-Sylvestre 1994 ils ont joué en même temps que « Sturmtrupp »* lors d’une rencontre de skins nazis suprarégionale au « Löwe », à Feldstetten, en Autriche.

« Tu n’en trouveras jamais de meilleur »

Le 25 mars 1995, les groupes nazis « Triebtäter », « Feuerstoß », « Legion Ost » et « Sturmtrupp » devaient se produire près de Gera lors d’une rencontre assez importante de skins nazis venant de toute l’Allemagne. 231 nazis furent arrêtés temporairement, des poursuites ont été engagées contre plusieurs douzaines d’entre eux. Roland Sokol s’est trouvé parmi ceux qui ont été arrêtés, l’enquête contre lui a été menée pour atteinte au §86a du code civil (usage d’insignes d’organisations anticonstitutionnelles). Parmi ceux qui ont été arrêtés à Gera il y avait aussi Uwe Mundlos, le terroriste nazi passé à la clandestinité par la suite. Dans le groupe « Feuerstoß » (baptisé plus tard « Foierstoss ») jouait également Dirk « Buddy » Metzner, un ancien compagnon de route skin nazi de Roland Sokol, avec lequel il s’est disputé par la suite et qui habite depuis Julius-Leber-Strasse 4 à 76448 Durmersheim. Hartwin « Winnie » Kalmus de Karlsruhe, cadre de « Blood&Honour », camarade de longue date de Sokol, a été arrêté également ; Sokol a dit à son sujet : « Hehe, comment crois-tu que Hartwin s’est déplacé à ses débuts ? TAXI Roland, service de transport. » Kalmus de son côté, écrivait après la mort de Sokol : « Nous nous sommes connus pendant près d’un quart de siècle. Un de mes modèles au début, l’un de ceux – et ils sont malheureusement rares – qui restent fidèles à eux-mêmes et au chemin qu’ils ont choisi. » De fait, Sokol avait pour devise : « mon honneur est ma fidélité ». Au service de renseignements.

« Juste haine et colère »

Compte tenu de cet arrière-plan, le texte de « Gott vergibt, wir nie » (« Dieu pardonne, nous jamais ») du troisième disque de « Triebtäter », « Hunde des Krieges » (Chiens de la guerre) de 1997, avec Christian Clewing, Thomas Schur, Markus Wagner, Holger Wied et Roland Sokol, s’avère pure hypocrisie : « Nous n’avons que haine et colère pour toi // Dans notre cœur cette braise // Je te souhaite l’enfer, l’enfer sur terre // Mort et perte // Tu nous as espionnés et tu nous as menti // tu n’as fait que nous faire la lèche et nous trahir tous // Ta gueule n’a proféré que des mensonges // tu es découvert, tu ne tromperas plus personne // Ref. : Il faut que tu saches une chose petit salaud de traitre minable // Dieu pardonne… nous jamais ! // Nous croyions en toi, mais nous étions aveugles // Aujourd’hui, je sais quels idiots nous avons été // Tu es venu de rien, nous t’avons accueilli // Mais de cette erreur, nous tirerons des leçons // Judas ! »

En respectant les prescriptions de la protection des données

A Gera, des poursuites ont été engagées également contre le nazi Bernd Krick venant de la Rhénanie du Nord Westphalie. Roland Sokol s’est intéressé à lui encore bien des années plus tard. Il était en contact régulier avec son frère, connu dans les milieux concernés, Michael Krick, qui s’était réfugié aux Pays-Bas, fuyant les poursuites de la police allemande, et qui se délecte toujours de pensées terroristes. A l’été 2014, Michael Krick, commandant à l’éditeur nazi Redeker le livre « 1 St Tanga Slip Deutsches Reichsgebiet Schwarz f. Damen » (Un slip tanga Territoire du Reich allemand Noir pour dames) avait indiqué l’adresse suivante : Donkhof 5, 5254 JL Haarsteeg. A l’époque, la boutique de Redeker avait encore pour enseigne le label de disques « Gjallarhorn Klangschmiede », aujourd’hui, on le retrouve sous l’adresse frontmusik.de. Mais comme il est de coutume dans les boutiques nazies, les données concernant les clients ne sont enregistrées que pour les besoins de la commande, et ne sont jamais transmises à des tiers, chez Redeker comme ailleurs.

« Victoire ou Walhalla ! »

Le compte rendu du Bundesamt für Verfassungsschutz de l’année 2001 mentionne déjà Michael Krick avec des appels à « une résistance sans chef » : « Attaquez le système et ses valets partout où c’est possible. Y compris ceux qui s’attaquent à notre race et essaient de l’anéantir. Les salauds de l’Etat, procureurs, juges, ont des noms, des adresses et des familles. Vous pouvez laisser libre cours à votre imagination. L’ETA basque par exemple peut nous servir de modèle. Ne montrez ni pitié ni remords. La résistance blanche, aryenne, est vivante. Formez des cellules d’après le modèle de la résistance sans chefs, soutenez les cellules nationales-révolutionnaires. Victoire ou Walhalla ! »

« Propagée presque exclusivement par des indics »

Le Verfassungsschutz continuait donc de s’intéresser à Krick – et comme Sokol a certainement pu le faire savoir, à juste titre. Krick avait dit à Sokol que la section néérlandaise de « Blood&Honour » était trop réformiste à son goût. Il disait du groupe Combat 18 « Combat 18 »-Gruppe autour de « Oidoxie » qu’ils étaient des « terroristes tee-shirt ». Mais le concept d’un terrorisme sans chef, en petits groupes, lui semblait bon : « mais l’idée originelle n’est pas mauvaise … c’est juste qu’il n’y a jamais eu personne pour la mettre vraiment à exécution … [elle] n’a été propagée quasiment que par des indics… »

« Loving our family »

Michael Krick n’était pas le seul nazi recherché en Allemagne avec lequel Sokol ait été en contact. Durant des années, Sokol avait été en communication avec Mark Turner qui avait quitté Karlsruhe pour se réfugier aux USA, où il a eu également des ennuis avec la justice. Il écrivit à Sokol : « Aux USA j’ai fait l’une ou l’autre bêtise et la police criminelle de la RFA sait aussi que j’ai été au KKK et à l’Alliance Nationale et tout ça n’est pas très encourageant comme tu le sais toi-même… » Plusieurs années auparavant, Sokol avait eu une aventure avec la sœur de Turner, ce qui avait entraîné la fin de son mariage avec Stefanie Sokol.

Petits interrogatoires entre camarades

Roland Sokol avait également collecté des informations sur l’ancien cadre nazi et mercenaire en Croatie, Michael « Homes » Homeister. Il s’intéressa entre autres au fait que Homeister avait programmé d’héberger dans son nouveau domicile dans l’Allgäu un ex-mercenaire en Croatie et probable criminel de guerre français. Sokol entretenait depuis longtemps de nombreuses autres relations dans l’Allgäu, entre autres avec Norbert « Nogge » Lecheler, le chanteur du groupe nazi « Faustrecht »

« Que des mises en scène et cette fois-ci, ça va avoir des conséquences »

Une fois l’existence du NSU (Groupe National-Socialiste clandestin) connue, Sokol a tenté de cuisiner de manière ciblée d’autres nazis. Il s’adressa par exemple au membre du groupe « Endstufe », Peter « Bubi » Stieber : « Salut… dis-voir, est-ce que quelqu’un connaissait les types de Zwickau ??? encore un truc craignos, mais toujours ces mises en scène, et cette fois, ça va avoir des conséquences. Nos gens sont tout de même plus sensibilisés… » "Bubi" passait pour être brouillé avec « Homes », ce dont Sokol s’est servi pour tenter d’en savoir plus sur « Homes » : « Je le connais depuis 87, je l’ai vu en dernier en 91, depuis, j’ai perdu le contact à part ici (…) Dans le temps, Homes était une bonne frappe, vraiment super. En Basse-Saxe (sud), contre une suprématie de l’AntiFA de Göttingen. Là, il y a eu plus d’une bataille, mais à l’époque, on pouvait vraiment se fier à lui. Ouais, c’est loin tout ça. » Sokol essaya aussi d’en savoir plus par une camarade de Chemnitz : « Est-ce que le Jan Werner vient encore à Chemnitz. Je le connaissais de l’époque, puis il a disparu. Sais-tu ce qu’il est devenu ? »

Le Verfassungsschutz, par qui la terreur arrive…

Michael Krick soupçonne que son ancien compagnon de route Andree Zimmermann du « Sauerländer Aktionsfront », mort dans un accident, a été la victime d’un assassinat commandité en novembre 1997. L’indic Sokol pose des questions : « Mais pourquoi Andree était-il si dangereux pour eux ? » Krick répond : « Il y a eu, à l’époque, des enquêtes contre nous pour de prétendues activités élargies anti-antifa … par ex un procureur a trouvé le plan de sa maison etc. … et un type du Renseignement général a trouvé des détails … la police judiciaire nous a menacés des semaines avant « l’accident » : « Si vous publiez les données pas la peine d’espérer de la prison » ; comme le truc contre moi est toujours en cours, je n’entre pas plus dans les détails… mais après leur mort, ils étaient chez moi et ils ont fait plusieurs perquisitions (entre autre avec le SEK*) à la recherche d’un disque dur … comme à l’époque j’étais déjà en taule depuis 8 mois, dont 3-4 en isolement, j’ai rigolé quand ils m’ont promis Ossendorf [l’aile pour les terroristes] pour me menacer, de toute façon, ça ne pouvait plus être pire … après ça, les accusés ont tourné au ralenti et ne voulaient plus rien avoir à voir avec ça … saloperie de clavier … il oublie de temps en temps des lettres … bon, en tout cas, l’affaire est toujours en cours et c’est pour ça que les services de la RFA continuent à mettre la pression pour qu’ils me foutent dehors … seulement, ils n’arrivent pas à avoir une extradition dans les règles. » Michael Krick était membre du « Sauerländer Aktionsfront » dans les années 1990. A la fin des années 90, il y avait eu une enquête contre lui et entre autres contre Kai Dalek et Andree Zimmermann pour création d’une association de malfaiteurs. Dans le contexte des enquêtes autour du NSU, Kai Dalek a été démasqué comme espion du Landesamt für Verfassungsschutz de Bavière, pour lequel il travaillait depuis 1987. Andree Zimmermann lui aussi était un informateur du Verfassungsschutz.

« Les bras tatoués, les poings fermés, nous sommes prêts à toute violence »

En marge des concerts nazis, il y avait régulièrement des agressions violentes par des participant.e.s aux concerts. C’est ainsi que le 25 mai 1995 par ex., « Triebtäter » jouait avec les « Deutsche Patrioten » lors d’un concert nazi organisé par la « Sauerländische Aktionsfront ». Le journal antifasciste NRW#9 rapporte que des personnes parmi les 150 participants au concert agressèrent un groupe de jeunes à l’issue du concert, et en blessèrent deux. Le chanteur de « Triebtäter », « Chris » Clewing est mort le 21.03.1997 : « Chris a battu sa femme durant des années. Y compris alors qu’elle était enceinte. C’était de pire en pire. Nous avons remarqué ce qui se passait. La plupart ont ignoré la situation. Moi, ça ne me plaisait pas. Après, il a touché à ma copine. Là-dessus, je suis parti. Tweety et Schurri aussi. TT était effondré. Des mois plus tard, il a à nouveau tabassé Gesine et donné des coups de pieds dans les lits des enfants. Là-dessus, Gesine a voulu le quitter. Il l’a rappelée à la maison sous un prétexte quelconque, et fermé la porte à clé. Puis à nouveau les coups. Elle a réussi à se tirer et à appeler les flics. Quand elle est revenue avec les flics, il était pendu à la laisse du chien, mais il vivait encore. Probablement qu’il s’était dit qu’elle reviendrait plus vite. Il est mort dans la nuit qui a suivi. »

« Blood&Honour », Bade-Wurtemberg

Alexander « Zinni » Zinn et Markus Wagner ont joué également dans le groupe qui passait pour avoir pris la suite de « Triebtäter », B&H-Band « Ultima Ratio ». C’est Alexander Heinig, aujourd’hui avocat du milieu nazi, qui était le leader de « Ultima Ratio ». Zinn, Wagner et Heinig passaient pour être depuis le milieu des années 1990 les têtes de Blood&Honour Bade-Wurtemberg, sous Markus Frntic lequel habite Friedhofstr. 10 à Kirchheim am Neckar (74366). Markus Frntic lui aussi était en contact permanent avec Roland Sokol, de même que beaucoup d’autres nazis actifs durant de longues années dans le Bade-Wurtemberg. Il en parlait souvent comme d’"un de ceux de ma génération." Markus Frntic fonda en 1999, donc avant l’interdiction de « Blood&Honour », le groupe nazi « Furchtlos & Treu » qui passe pour terroriste. Lors d’une razzia en janvier 2004, on a trouvé chez Frntic et d’autres membres de « Furchtlos&Treu » des armes et des explosifs. Le domaine de « Furchtlos&Treu » avait été déclaré au nom de Markus Wagner (Kirchheim).

Espion au Ku-Klux-Klan

Frntic dirigeait une section du KKK dans le Bade Wurtemberg (KKK-Sektion in Baden-Württemberg) encore avant qu’Achim Schmids ne fonde une branche du KKK à Schwäbisch-Hall en l’an 2000. Markus Wagner se servait également du pseudonyme KKK sur internet. Au sein des « European White Knights of the Ku-Klux-Klan » (EWK/KKK), il y avait, en plus de plusieurs policiers, entre autres Timo Heß et Jörg Bartsch, plusieurs indics, parmi lesquels Schmidt lui-même, au service des autorités régionales du Land de Bade-Wurtemberg qui l’avaient d’ailleurs mis en garde contre une surveillance policière. Un autre indic important du groupe KKK était Thomas Richter, l’une des sources de renseignements de tout premier plan du Bundesamt für Verfassungsschutz.

Troquet nazi « Bon Scott » à Ludwigshafen

Un autre nazi de la région passe pour un partisan du KKK : Thomas « Bonny » Bonifer, vivant avec sa compagne Monika à Ludwigshafen, lui-même fan de la Croatie et proche de Frntic. Sokol était en contact avec lui, comme avec de nombreux nazis de longue date : « Salut Bonny … Wittmann a proposé que nous nous rencontrions une fois par trimestre avec quelques anciens … si tu participes, nous serions 7 pour commencer : Wittman, Schüttler, Frndic, Leis, Wölfi (Tom), toi, moi. Serais-tu intéressé. Nous pourrions nous rencontrer au Bon Scott, ce serait cool. » Le Bon Scott est le troquet nazi de Ludwigshafen, où vont régulièrement les Hammerskins. …est passible d’une peine de prison jusqu’à 5 ans. Steffen Hammer, l’actuel collègue avocat d’Alexander Heinig du cabinet H3, participait au groupe nazi « Noie Werte », fondé en 1987 et dissous en 2010, et exploitait dans les années 1990 le label de disque nazi fondé avec Oliver Hilburger « German-British Friendship ». G-B-F Records produisait en particulier « Triebtäter » et était impliqué dans des procédures d’enquêtes pour infraction au §130 [Incitation à la haine raciale]. Le 7.5.2011, Steffen Hammer fêtait ses 40 ans ; Roland Sokol comptait parmi les invités. Lors de la fête pour les 40 ans de Sokol lui-même, le 23.06.2012, celui qui joua fut Mirko « Barny » Szydlowski d’Iena, qui avait vécu un temps en Suède et affirma à Sokol qu’il vivait à Dresde et qu’il travaillait à Chemnitz. « Barny » n’était pas seulement chateur soliste, il jouait aussi dans « Enhärjana » et « Ferox » et enregistra un disque avec Ken McLellan du groupe britannique « Brutal Attack ». Il était impliqué aussi dans le groupe nazi « Blutstahl » et « SKD », ainsi que dans « Frontalkraft ». Il est prévu qu’il se produise le 7.11. 2015 lors d’une manifestation de solistes en mémoire de Lars Hildebrandt, mort le 16.09 2015 en Thuringe.

La Kolbstube à Stuttgart

Holger « Tweetu » Wied qui jouait dans le groupe d’Achim Schmid, le nazi KKK de Schwäbisch Hall avant d’être membre de « Triebtäter », avait vécu des années durant à Apolda, en Thuringe, et était retourné en 2011 dans le Bade Wurtemberg ; il habite actuellement à Schwäbisch Gmünd. Lorsque le NSU a été démasqué, Roland Sokol a recherché à nouveau le contact avec lui. Sokol a maintenu le contact également avec Gesine Clewing ainsi qu’avec Thomas Schurr et Marco Rössle. En plus, Clewing et Sokol écrivaient régulièrement pour le groupe facebook « Kolbstube », où des douzaines de nazis politisés dans les années 1990 avant tout dans le Bade Wurtemberg, échangeaient des photos souvenirs de concerts nazis. Le groupe facebook est administré par Martinan Konzelmann et par le nazihool André Murthum.

Tribute to Triebtäter

Des années plus tard, Sokol était impliqué dans la production d’une compilation portant le titre « Tribute to Triebtäter » qui est parue en décembre 2011 sous le label nazi « Rebel Records » de Martin Seidel à Cottbus. Comme bien souvent, l’expertise juridique destinée à détecter d’éventuels contenus répréhensibles a été réalisée par l’avocate du milieu Gisa Pahl. Seidel recommanda chaudement la compilation : « Au bout de presque 5 ans de travail, le « Tribute-sampler » pour les « Triebtäter » légendaires est enfin achevé. Mais comme le titre l’annonce déjà, ce dernier n’est pas une compilation au sens premier, mais un mémorandum de l’éventail et de la créativité du groupe « Triebtäter ». Les chansons rassemblées ici voudraient refléter une fois encore l’œuvre entière de l’ancien groupe musical du sud de l’Allemagne, de ses débuts jusqu’à sa fin malheureuse fin 1997. » Fin 2012, Sokol prévoyait de plus un DVD avec des interviews de « Triebtäter », qui devait être produit par la « Gjallahorn Klangschmiede » de Redeker. La participation de Sokol à « Triebtäter » devait jouer un rôle important pour lui, des années plus tard, parce que sa crédibilité et sa réputation dans le milieu nazi en dépendaient, et qu’elle lui permettait également d’établir rapidement une relation de connivence avec les nazis plus jeunes.

Salutations de C18 depuis la prison

En février 1997, Christian Hehl, incarcéré à cette époque à la prison de Coblence, saluait dans le fanzine nazi « United Skins » N°10, entre autres « Roland & Steffi (KA) » et « Triebtäter » : « Salut Carsten. J’ai lu avec grand plaisir le n°9 de US qui m’est parvenu après quelques détours. Je trouve très bien que tu essaies de créer un forum pour tous, mes intérêts personnels allant plutôt au C18 et au foot. Ça fait une éternité qu’il n’y a plus eu de bons articles sur le foot dans les fanzines, bien que le foot fasse partie du culte SH tout comme les Martens ! Malheureusement, on ne voit les skins sur ton terrain de foot que bien trop rarement. Chez nous à Mannheim, à chaque match à domicile, il y a environ 30 crânes rasés entre 13 et 30 ans, ce qui évite à des mots d’ordre de gauche de se propager, moi et quelques autres parmi les vieux, nous sommes actifs, pour ce qui est du foot, chez « The Firm » Mannheim — le plus ancien des fan-clubs hooligans de MA. « The Firm » existe à MA depuis 1982. Mais là, je dérive, en fait, je voulais parler de ces prétendus Oi ! Skins ("Je ne suis pas de droite, je ne suis pas de gauche - je suis Oi !) voilà une opinion très lâche selon moi. Honnêtement, je préfère un type de gauche qui me rentre dedans à un connard libéral qui me fait de la lèche en tant que skin. Ces gens sont soit trop bêtes soit trop lâches pour avoir une opinion. Salutations à LU/MA Skins, NO-SKINS, The Firm MA, City Boyz, les camarades d’Anweiler, ceux de Saarlaut, de Sarrebruck, Roland & Steffi (KA), Marco & Dagmar (RA), Marcel & Andrea (Wi), Skins Speyer Nord, Triebtäter, Legion Ost, Foierstoss, Mjöllnir, Noie Werte, Miesling (JVA Münster), Thorsten Heise (JVA Wolfenbüttel), Günter Deckert (JVA Bruchsal), C. Worch (Santa Fu), G. Küssel (JVA Krems), G. Lauck « weiter so » (JVA Hamburg), Dirk Poser (JVA Bautzen) et tous les camarades de la Résistance Nationale en taule, Skinheads Montabauer, Ccnny (Ludwigshafen maintenant à Gera), Tanja de Landau, Martin de Trève, HNG & Ursel, Gesine et Sandra (Heilbronn) et tous les Nazi Hools & Skins dans le monde entier. // 88 // Hehli de Mannheim (actuellement en prison à Coblence »

Edité par le Verfassungsschutz

Hehl se présentait comme un partisan de « Combat 18 », le bras militant plutôt orienté vers le terrorisme du mouvement de musique nazie, se démarquant des affairistes de Blood&Honour. Le fanzine nazi « United Skins » était édité par Carsten Szczepanski membre KKK qui avait espionné durant des années pour le Verfassungsschutz du Brandebourg en tant qu’indic « Piatto ». Son chef indic était alors le membre du Verfassungsschutz Gordian Meyer-Plath, entre-temps chef du Verfassungsschutz de Saxe et lui-même membre d’une organisation de droite, la « Burschenschaft Marchia Bonn ». Dans le jardin de la « Marchia », on brûlait encore en 2007 des croix selon le rituel du KKK, pendant que Matthias Brauer, membre de la corporation, beuglait « Hail White Power ». Entre temps, Brauer est devenu un proche compagnon de route de Norbert Weidner, lui aussi membre d’une corporation nazie et ancien cadre de la FAP (« Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei ») interdite en 1995  ; il fut démasqué en 2013, un indic lui aussi.

L’héritage de « Blood&Honour »

En septembre 2000, « Blood&Honour » avait été interdit par le ministère de l’intérieur, qui leur reprochait de s’être attaqués à « l’ordre constitutionnel » et à « l’idée de l’entente entre les peuples ». Dès 2003, il y avait eu des enquêtes contre un groupe B&H dirigé par Hartwin Kalmus, qui se nommait « Division 28 », considéré comme particulièrement actif et auquel on reprochait de continuer Blood&Honour. Roland Sokol s’était défendu, face à d’autres nazis, d’avoir été membre de « Blood&Honour », au motif qu’il n’avait pas voulu « se soumettre à Achim Pfeiffer » ; malgré tout, les autorités le comptèrent parmi les accusés lors de la procédure pour reprise de l’activité interdite. Kalmus dirigeait entre autres une salle de concerts louée par Jessica Molter à Untergrombach près de Bruchsal, où avaient lieu régulièrement des concerts nazis, et il était impliqué dans la production des CD de Blood&Honour. Aujourd’hui, il dirige le commerce nazi par correspondance « Ragnarök Records ». En mars 2006, il y a eu des razzias contre les structures qui ont succédé à B&H, chez des douzaines de nazis de Karlsruhe et des environs. Roland et Stefanie Sokol furent touchés également et mis en accusation. Dans ce contexte, Stefanie Sokol, graphiste styliste s’est vu reprocher sa participation à la mise en page des CD de B&H. Aujourd’hui, elle travaille comme tatoueuse dans son studio de tatouage « Mystic Tattoo Karlsruhe » Passagehof 12, 76133 Karlsruhe, et elle a toujours de bons contacts avec Hartwin Kalmus. Lors du procès qui a eu lieu en 2011 suite à ces poursuites, il semblerait que Roland Sokol lui-même n’ait pas comparu.

« Hate Crew Bade-nord »

Roland Sokol a longtemps gardé le contact avec beaucoup de ceux qui ont été inculpés dans le procès contre les continuations de B&H, par exemple avec Falk Schwarzer et Jörg « Frosch » Weber qui est actuellement membre actif du groupe « Hate Crew Nordbaden » qui se considère comme une confrérie. Robert Herff de Brühl, co-inculpé à l’époque, pratique entretemps le commerce, partiellement très lucratif, de reliques nazies de l’époque du IIIe Reich. Roger Ziebart qui a été exclu du « Hate Crew » pour avoir agressé deux enfants collectionne lui aussi les emblèmes et le matériel de propagande nazi. Ziebart s’est ouvert à Sokol de son aversion pour les « prolos de la Ruhr » et les « lèche-culs de Stuttgart » de « Combat 18 » : « Ce sont des espèces de prolos, ceux qui font dans le genre C18, oidoxie crew et 28 - complètement azimutés, c’étaient eux aussi, quand il y a 6 mois ou quelque chose comme ça, le feu a été mis à la tonnelle avec les Turcs. » A partir de 2011, Roland Sokol avait été vivement intéressé pour devenir membre de « Hate Crew », prenant même part à leur fête interne de la Saint-Sylvestre 2011 à Ketsch, mais finalement, c’est derrière les « Hammerskins » qu’on l’a mis.

« Elsass Korps »

Roland Sokol entretenait également des liens étroits avec le groupe B&H « Elsass Korps » de Strasbourg, interdit par les autorités françaises en 2005. Il a été en contact avec le cadre du EK Bruno Adler jusque peu de temps avant son décès. Le 06.02.1999, Roland Sokol était une fois de plus responsable de la sécurité lors du concert nazi à Mossey, avec Markus Frntic, Tobias Schuster, Markus Wagner et Dirk Metzner. Lors de ce concert, le groupe du même nom, « Elsass Corps », distinct cependant du groupe B&H, « Durandal », ainsi que « Faustrecht » avec Norbert « Nogge » Lecheler et Markus Steffek, des amis de longue date de Sokol, jouèrent devant 200 nazis. Timo Koch du groupe nazi « Propaganda » (autrefois « Treueschwur ») de Balingen y a joué également quelques chansons de « Skrewdriver ».

Les liens avec la Hesse

Roland Sokol entretenait des contacts réguliers également avec des cadres nazis plus âgés, qui avaient été autrefois membres de « Blood&Honour » du côté de la Hesse. Avec par exemple Lars Schultz, Andreas Reuhl et Alexander Hübner. Lars Schultz d’Offenbach était en contact avec « Triebtäter » dès les années 1990 et, prenant le relai des skins nazis du Bade-Wurtemberg, il s’est occupé du « Skrewdriver Service Deutschland » assurant la diffusion des produits du groupe « Skrewdriver ». Hübner dirigeait la « Blood&Honour Sektion Südhessen » et passait, à l’intérieur du milieu B&H pour un membre de « Combat 18 » ; on attribue à la bande nazie autour de Alexander Hübner et Sören Brühl des attentats violents (brutale Anschläge). Claus Zur-Lienen et Andreas Reuhl passaient pour être membres de la branche de Hesse de B&H. Alexander Hübner vit à Mühlheim près d’Offenbach (63165), Lämmerspielerstr. 53, et travaille entre temps à la Deutsche Bahn, département programmation et logistique (DB Netz AG).

Lörrach, Alsace, Espagne

En revanche, son vieux camarade Sören Brühl quitta l’Allemagne pour aller tout d’abord en Espagne ; il vit désormais avec sa famille en Alsace, peut-être bien parce qu’il redoute des difficultés d’ordre juridique en Allemagne. Sören Brühl a grandi à Wiesbaden, a fait des études de pédagogie sociale à Francfort, a été membre de la « Schwarze Division », un groupe nazi proche de B&H, et passe pour extrêmement violent. Il vit avec sa femme Melanie « Mel » Brühl, née Seidel, dans le village alsacien de Durlinsdorf, 12 rue de Wasen. Melanie Brühl tient le studio de tatouage « Schattenwerk », Freiburger Str. 307 à Lörrach (79539), avec Tanja « Tara » Schroll que Roland Sokol connaît de longue date. Sören Brühl améliore les revenus de la famille, qui s’est élevée entretemps à 5 personnes – le couple essaie d’élever ses enfants pour en faire de bons nazi.e.s – en vendant des reliques nazies. Ils possèdent toujours une maison de vacances en Espagne, à Calpe, Colari 39 C, dont la bande de nazis qui les entoure, avec Alexander Hübner, Claus Zur-Lienen et Robert Hartmann profite volontiers.

« La souris la plus rapide de Mexico »

Sokol avait également pour ami le hooligan nazi de Hesse, Andreas Kaidel. Kaidel tient le centre de remise en forme « Fitness Treff Gathof » dans la Roseggerstraße 4 à 63073 Offenbach am Main. Sokol décrit la rencontre de Kaidel et de Malte Redeker par ces mots : « Hem, Malte. Je me rappelle comment c’était lorsqu’il s’est ramené… haha... je l’ai emmené avec moi à Offenbach à une fête. Je lui avais dit de se comporter comme il faut, vu qu’il n’y aurait que des vieux... haha... et puis, il était complètement défoncé, et il n’arrêtait pas de gueuler « noir-blanc-bleu... fascistes HSV ... et il était entouré de types d’Offenbach ... puis je lui ai dit qu’il valait mieux se comporter comme il faut ... il ne voulait rien entendre ... alors le Kaidel (un ancien d’Offenbach) y est allé et l’a envoyé au tapis et l’a bien mordu derrière l’oreille ... haha ... Après ça, Malte a couru jusqu’à Hanau avec UNE chaussure ... Quand je suis arrivé chez moi le lendemain, j’avais 24 appels sans réponse sur le répondeur ... tous de Malte ... Quand il est parti en courant, à l’époque, il habitait encore à Mexico ... et Hehli a crié après lui : « Hasta la vista.... » Haha..... À Mexico, ils avaient un serviteur, il est d’une bonne famille, riche ... dans un fanzine, il y a eu ce commentaire : « Malte, la souris la plus rapide de Mexico ... quand il est bourré, il raconte toujours que moi et Steffen Hammer de Noie Werte, on était son modèle à l’époque, haha... »

« Camaraderie Karlsruhe »

Roland Sokol n’évoluait pas seulement dans le milieu Blood&Honour, mais aussi dans des camaraderies. Dès le début des années 1990, il était membre de la « Kameradschaft Karsruhe » : « J’étais l’un des trois fondateurs de la Kameradschaft Karlsruhe et chef (Führer) de la camaraderie. » Il se servait de son passé politique pour impressionner les autres nazis. Il aimait particulièrement raconter des histoires de noyautage de la « Kameradschaft Karsruhe » par un fonctionnaire du LKA* portant le pseudonyme « Axel Reichert » : « Malheureusement, il n’est quasiment plus possible d’empêcher la catastrophe en Allemagne. Autrefois, j’ai fait beaucoup de politique, on avait une organisation puissante à Karlsruhe. Ils ont même, pour la première fois, infiltré un type du LKA Stuttgart chez nous. Tout a été révélé, et tout d’un coup, il n’était plus là. Un an après, il était chez Günther Jauch, à Stern TV live derrière un écran. Puis ils ont montré une photo de lui où il était en compagnie de Friedhelm Busse et de moi-même. Après ça, mon portable n’a pas arrêté de sonner pendant des heures. »

« Les marches pour Heß » du Verfassungsschutz

A cette époque, des nazis de toute l’Allemagne essayaient régulièrement de faire ce qu’ils appelaient des « Marches pour Heß »(« Heß-Märsche ») pour l’anniversaire du décès de Rudolf Heß, dont beaucoup s’avérèrent plus tard avoir été organisées par des indics nazis démasqués par la suite. Comme en 1994, toutes les « Marches pour Heß » programmées ont été interdites, les nazis complotèrent de se rabattre sur le Luxembourg pour le 13 août. La marche qui s’y est déroulée a été organisée par plusieurs indics, parmi lesquels Norbert Weidner, Kai Dalek, Andree Zimmermann, Michael Petri et Michael Betz. Les autorités luxembourgeoises empêchèrent la marche en arrêtant 128 nazis allemands, parmi lesquels Roland Sokol. Le policier infiltré par le LKA organisa le voyage d’environ 70 nazis du pays de Bade, mais ne s’est pas retrouvé parmi les personnes arrêtées. « Quand nous sommes allés à Luxembourg, en 94, pour la « Marche pour Heß », il s’est fait la malle avant ... après, je ne lui ai plus fait confiance. » Sokol avait un penchant pour la nostalgie : « La « Kameradschaft Karlsruhe » telle qu’elle existait alors n’existe plus. Maintenant, c’est le « Karlsruher Netzwerk » (réseau) avec des gens complètement différents. Je n’en suis plus. Génération suivante. » Mais il était intéressé aussi par les activités de la « génération suivante » et gardait le contact par exemple avec Benjamin Schiffer.

« Schlachtruf » à Fribourg

Roland Sokol n’a pas fait que la « Marche pour Heß » à Worms : « Au début, j’étais de toutes les marches pour Heß. A l’époque, c’étaient encore des marches. » En 1993 par exemple, il avait été à Fulda ; au cours d’un entretien avec le skinhead nazi de Fribourg Frank Borrmann, qui avait été actif à la fin des années 1980, début 1990, il se souvient de sa voisine dans le bus, Martina Janssen : « En 1993, elle était assise à côté de moi dans le bus, quand nous sommes allés au à la Marche pour Rudolf Heß à Fulda. (.…) Je crois que maintenant elle est plutôt du genre Oi, et ne fait plus de politique non plus. Autrefois, elle était à tous les concerts. » Martina Janssen était bien connue dans le milieu des skins nazis, au-delà de sa région, parce qu’elle était l’une des rares femmes de Fribourg à produire un fanzine skin nazi, le « Schlachtruf »* (cri de guerre). En plus, il semble qu’elle aurait été l’une des fondatrices du « Skingirlfront Deutschland », rebaptisé plus tard « Skingirl Freundeskreis Deutschland ». Dans les cercles nazis, elle passe auprès de certains pour avoir trahi, pour avoir témoigné lors d’un procès contre le cadre nazi Dieter « Miesling » Riefling. Dans le « Schlachtruf », elle imprimait régulièrement des « Bonjours aux camarades » – tous toujours des indics, parmi lesquels Ralf « Manole » Marschner, dont le nom est mentionné dans le contexte de l’approvisionnement en armes pour le NSU.

L’agression contre la Maison des jeunes autonome à Kirchzarten

Dans les années 1980 et 1990, à Fribourg, Frank Borrmann a participé en de nombreuses occasions à des attaques contre des gens de gauche, des sans-abris et des réfugiés, entre autres à une attaque contre la Maison des jeunes autonome à Kirchzarten en juillet 1989. Dans un tract de l’Antifa de Fribourg à propos du procès qui a suivi en janvier 1990, on peut lire : « Des néonazis ont attaqué la Maison de jeunes à Kirchzarten (Le groupe nazi s’appelle Hooligans de Fribourg ; ils portent des écussons avec ce nom sur leurs vestes !). Dans ce contexte, voici les fascistes qui ont été mis en examen jusqu’ici : Stephan Herrgarten (lundi, 19.2.90, 9.00h Amtsgericht Freiburg), Oliver Kautzsch (Vendredi, 9.3.90, même lieu). Des procès contre Frank Bormann, Jimmy Kromer, suivront. Le 29. Juillet 1989, 15 Skins et d’autres fascistes sont entrés dans le centre AJ Kirchzarten. Après avoir brièvement examiné les lieux et proféré des menaces du genre « Que crève le front rouge » et « Vous, les salauds de gauche, nous vous massacrerons », ils se sont attaqués directement à des visiteurs et des visiteuses et les ont rouées de coups. Bilan de l’attaque qui a duré 10 minutes : plusieurs visiteur.e.s ont été gravement blessés au point de devoir être hospitalisés, les fenêtres et l’installation ont été démolis. Nous ne pouvons entrer dans les détails de l’arrière-plan politique de ces fascistes. Les éléments suivants suffiront pour éclairer les événements : l’accusé Frank Bormann est très probablement fonctionnaire de la FAP. Lui, ainsi que plusieurs autres accusés ont participé à plusieurs agressions ; entre autres contre la Maison des Jeunes de Denzlingen en 1989, contre celle de Gundelfingen, contre le centre de réfugiés et de sans-abris Klara 100, Stühlinger, contre le centre de réfugiés de la Kapplerstr., contre des Punks au centre-ville… « 

Les contacts à Fribourg

Depuis lors, Frank Borrmann, né le 27.04.1971, ne sévit plus comme le violent agresseur des rues qu’il était, un AVC l’ayant cloué dans un fauteuil roulant. Roland Sokol lui a rendu visite en octobre 2013 à Fribourg-Haslach (Erlenweg 3a-d), où il vit dans une résidence pour personnes âgées. Là-bas, on le traite avec « respect », « indépendamment de sa conception du monde ». Frank Borrmann est également en contact avec un membre fribourgeois du NPD*, dont le nom n’a pour l’instant pas été mentionné publiquement : Fredy Kälber. Fredy Kälber se présentera comme candidat suppléant du NPD au printemps 2016, dans les circonscriptions Fribourg I et Fribourg II pour les élections au Landtag. Il habite Schildackerweg 20 à 79115 Freiburg-Haslach – à proximité immédiate d’un centre nouvellement installé, destiné à un premier accueil des réfugiés.

Membre de la « Endstufe-Crew »

Jusqu’en 2011, Roland Sokol avait été membre de la « Endstufe Crew Baden »*, en même temps que Dirk « Buddy » Metzner. La « Endstufe-Crew » est le groupe soutien d’un vieux groupe nazi de Brême, « Endstufe », autour de Jens « Brandy » Brandt. Le 17.04.2010, « Endstufe » s’est produit en même temps que « Kommando Skin » devant plus de 300 nazis au « Rössle » à Rheinmünster-Söllingen, Sokol était partie prenante dans l’organisation : « Ils ont tous été chez nous, depuis « Endstufe » jusqu’à « Noie Werte » en passant par « Faustrecht ». Une boîte pareille, il faudrait s’en servir le temps que ça marche encore … voici un lien de l’AntiFa : linksunten.indymedia.org/node/19985 ». Sokol se servait fréquemment, comme ici, de liens vers des comptes rendus antifa sur les activités des nazis pour entrer en contact avec d’autres nazis. Finalement, il s’est fait exclure de la « Endstufe-Crew » pour des conflits avec Dirk Metzner, sans que cela change quoi que ce soit à ses activités d’organisation de concerts nazis.

« Travaille pour l’Etat et est Skin !!!!!! »

La « Endstufe-Crew » aime à se donner des allures élitistes, seuls les membres ont le droit de porter l’insigne et on n’admet pas tous ceux qui sont intéressés. C’est ainsi que Sokol raconte à propos d’un candidat : « Il avait fait savoir qu’il aimerait être admis dans la « Endstufe Crew », mais les anciens de Brême ont dit qu’ils ne voulaient pas de serviteurs de l’Etat chez eux. » Le candidat en question était Dirk Heiermeier de Paderborn, censé être fonctionnaire de la police fédérale aux frontières. Heiermeier fréquente les concerts nazis depuis la fin des années 1980, ce que Sokol a commenté par ces mots : « Un comble ! Il travaille pour l’Etat et il est skin !!!!! » Heiermeier s’était rendu, comme Sokol, au grand « Jan Stuart Memorial Concert » du 20.09.2013 à Northamptom en Grande-Bretagne, et il serait un ami de l’ancien membre du groupe « Skrewdriver » Steve « Stigger » Calladine. Sokol le tient pour un peu benêt : « Il est bien gentil, et ressemble au fou du roi quand il est bourré … A l’air complètement à côté de ses pompes, dans ces cas-là … et dire que ça travaille à la protection des frontières… » Malgré tout, il a maintenu le contact avec Dirk Heiermeier et l’invitait régulièrement à des concerts nazis, par exemple au centre nazi « Rössle ». Finalement, en août 2014, Heiermeier écrivait à Sokol : « Moi aussi je me suis fait avoir. Mis à pied, à cause de disques de « Endstufe », « Bound for Glory » et « Skrewdriver », que j’aurais vendus. Incitation à la haine qu’on dit chez nous… »

Organisateur au « Rössle »

Le « Rössle » à Rheinmünster-Söllingen a été utilisé, avec quelques interruptions entre 2005 et 2014, pour des concerts et d’autres manifestations nazis. Dans l’intervalle, il avait été loué réglementairement par Michael Steinmann, un nazi de longue date bien connu, habitant Bruchgartenstraße 15 à 76863 Herxheim. Steinmann travaille chez Daimler à Wörth et entretient des liens étroits avec Pablo Allgeier, l’un de ceux qui organisent des concerts au « Rössle ». Roland Sokol lui aussi organisait régulièrement de grandes manifestations nazies au « Rössle », même s’il affirmait : « La culture skinhead est en perte de vitesse. Ce qui s’est passé à Söllingen a un arrière-plan politique. » Allgeier dispose entre temps d’un lieu adéquat pour organiser des concerts nazis en Alsace.

« Pour les flics, c’était raté, car chez nous tout est légal »

Au sujet du concert nazi du 27.12.2010 au « Rössle », Sokol écrivait à un « camarade » : « Salut, samedi de la semaine dernière, nous avons eu un dernier concert pour cette année dans notre location dont je t’ai parlé. C’était super  !!!! - Bunker 16, Newcomer de Brême - Endstufe Umfeld et même batterie en ce moment. Super ! - I.C.1, merveilleusement professionnel, Andy, super expérience de la scène de son époque avec Razors Edge !!! La salle a tremblé … Sturmtrupp, vieille école. L’ambiance, grandiose… On avait à nouveau 300 hommes au début, tout bien — tout parfait. Pas de stress, c’est comme ça que ça doit être !!!!!!!! La soirée était vraiment belle, même si j’ai/nous avions beaucoup à faire pour l’organisation. Pour les flics, c’était raté, puisque tout est légal chez nous. Il n’y a même pas eu de contrôle à l’arrivée … Pas le moindre stress, donc SUPER !!!!!! En janvier, on continue … La résistance vit ! ;-) » Sokol entretenait des contacts réguliers, en particulier avec Bernhard Ferner, Ingo Leidenberger et Oliver Krzyzanowski du « Sturmtrupp », qu’il connaissait depuis l’époque où il était à la basse chez « Triebtäter » : « Personnellement, je suis très bien avec : Faustrecht, Kommando Skin, Sturmtrupp, Endstufe etc... ». Sokol connaissait très bien Andrew « Andy » Nolan de « Razors Edge » et de « IC1 », de même que les autres membres du groupe « IC1 », Sascha Deuerling et Klaus Heib.

Le groupe nazi « Kommando Skin »

Sokol connait également les membres du groupe « Kommando Skin » depuis de nombreuses années. Le chanteur et guitariste Julian Hecke, membre aussi de « Ultima Ratio », le bassiste Andy Wäschle et le batteur Dominik « Don »Lutz sont eux aussi des membres de longue date de « Kommando Skin ». Dominik Lutz, de Tamm, n’est pas seulement à la batterie chez « Kommando Skin », mais aussi chez « Naked but Armed ». Il habite à Tamm près de Ludwigsburg et comme Julian et Jenny Hecke et Andy Wäschle, il fait partie de la bande nazie autour de Rico Heise, Jens Ackermann et Andreas Graupner. Un autre ami de longue date de Roland Sokol est Klaus Heib, qui, avec sa femme Melanie, fait partie aussi du cercle d’amis autour de Graupner, et qui est tout comme lui ancien membre du groupe « Noie Werte ». Aujourd’hui, Klaus Heib joue dans le groupe nazi « Carpe Diem » et « IC1 » et fait tous les ans de son anniversaire une grande fête nazie avec Rico Heise. Heib participe volontiers à des « survival trainings », en compagnie des avocats de nazis Steffen Hammer et Andreas Wölfel.

Le Verfassungschutz dans le business des concerts nazis

Sokol a rencontré plusieurs fois le propriétaire du « Rössle » Günter Sick. En particulier au cours des derniers mois (letzten Monaten) de l’année 2013, il n’a cessé d’essayer de le convaincre de laisser le « Rössle » aux nazis. Le 24.06.2013, Sokol a pris une part prépondérante à l’organisation d’un concert Hammerskin (« Hammerskin »-Konzerts) avec la « Division Germania » et le « Kommando Skin ». Dans le cadre des préparatifs du concert qu’il co-organisait, il a rendu visite à Sick, le 16.11.2013, et l’a convaincu de mettre encore une fois le « Rössle » à leur disposition. Par la suite, Sokol écrivit, à propos du concert avec Michael « Lunikoff » Regener, qu’il n’y aurait eu « aucun problème, au début un peu de présence policière, et encore une fois au milieu de la nuit, pour qu’on baisse un peu les basses. On l’a pas fait. Le show de Luni était cool. Très professionnel. » Le Verfassungsschutz était impliqué directement dans le maintien des activités nazies au « Rössle », à travers son indic Roland Sokol, bien que le service de renseignement n’ait cessé d’affirmer publiquement qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour fermer le plus grand et le plus important centre nazi du Bade Wurtemberg. On ne doit pas la fin du « Rössle » aux informations quasiment exhaustives dont disposait le Verfassungsschutz, mais bien à la pression publique suite aux investigations antifascistes et aux reportages de la presse suprarégionale.

« Patria »-Versand

Franz Glasauer, qui exploitait alors l’entreprise de vente par correspondance « Patria-Versand », ainsi que l’agence immobilière « Bima et Wego » à Burgharting en Bavière, a été le seul nazi connu à recevoir le 23.11.2011 un DVD avec la profession de foi du NSU (Bekennervideo des NSU). Peu après, la boutique en ligne nazie a été reprise par l’indic Roland Sokol. Mais Sokol avait planifié cette reprise auparavant déjà, au cours des semaines précédentes, avec son vieux camarade Bernd Christoph d’Ulm, qui exploite lui l’imprimerie nazie « Lithographix ». Bernd Christoph, qui tenait déjà dans les années 1990 une entreprise de rock de droite « Clockwork Records » proche de « Blood&Honour », avait de l’expérience dans ce domaine et devait être chargé de l’agrandissement du secteur musique. Sokol s’occupait des envois depuis des locaux situés Etzenroter Straße 17b à Waldbronn. L’amie de Sokol de cette époque, Verena Lasar de Heilbronn, figurait également dans la déclaration d’activité. À ses camarades, Sokol racontait que le développement de cette vente par correspondance devait lui permettre de subvenir à ses besoins, en réalité, il n’en tirait quasiment aucun bénéfice. Il était toujours dans le rouge, et continuait à devoir communiquer avec sa banque pour ses difficultés financières. Il a abandonné le « Patria-Versand » fin 2013.

« Hooligans Karlsruhe »

Après la mort de Roland Sokol, une annonce parut dans le journal local : « Nous prenons congé, avec une profonde tristesse, de notre ami et camarade, Hooligans Karlsruhe. » Roland Sokol avait pris part à la scène hooligan nazie de Karlsruhe dès le début des années 1990. Il allait régulièrement à des matchs à l’extérieur, par exemple en 1993 au match de la coupe UEFA à Eindhoven ou aussi à la finale en 1996 à Berlin. Des années plus tard, il se vantait encore de sa qualité de membre des « Destroyers Karlsruhe », qui avaient été dissous en 1993, et regrettait l’époque de la « Süddeutsche Front », un regroupement de hooligans de Karlsruhe et de Stuttgart.

Skinheads nazis et hooligans

La frontière entre skinheads nazis et hooligans du foot était déjà mouvante à l’époque où Roland Sokol était jeune. En 2003, il écrivait : « Pars très souvent avec les Hools. En ce moment, on essaie de réorganiser notre formation et on est certainement 35 hommes. En partie des plus jeunes, mais ils ont le feu sacré, infatigables. On essaie avec quelques-uns qui sont plus âgés de former une espèce de front, où Hools, Skins etc seraient unis. Mais sans parti ou ce genre de choses. » Certains parmi ces « Anciens » de l’époque ont conservé des liens entre eux jusqu’à aujourd’hui. Sokol garde le contact avec ses amis « nazihools » de Stuttgart, du « Neckar-Fils Stuttgart » et s’est rendu par exemple à la « Neckar-Fils-Party du 07.07.2012. Au départ, le troquet « Kolbstube » à Stuttgart passait pour un lieu de rencontre hooligan, avant qu’on n’apprenne au niveau suprarégional qu’il s’agissait d’un lieu nazi, et Alexander Heinig continue à aller voir régulièrement les "nazihools" de Stuttgart. Sokol se complait dans ses souvenirs : « Stuttgart était et est une partie de ma vie … Puis Kolbstube et Ian Stuart, puis Süddeutsche Front. De beaux souvenirs tout ça, que je n’aurais voulu manquer pour rien au monde. » Malgré des conflits temporaires, Sokol est resté durant des années un habitué du troquet nazihool « La vida Loca » de Karlsruhe et il en connaissait bien le tenancier Westham. Et il était souvent informé des « Ackermatches » prévus entre les groupes hooligans rivaux.

Les liens avec la Saxe

Caractéristique extérieure du hooligan et skinhead Sokol : ses tatouages, qu’il se faisait faire de préférence par le tatoueur nazi Marcel « Daatzmann » Daatz de Reichenbach en Saxe, dans le Vogtland. Sokol souligne à maintes reprises ses bonnes relations avec la Saxe, en particulier avec les nazihools de « HooNaRa » de Chemnitz. C’est ainsi qu’il évoque sa participation à l’enterrement du casseur nazi Rico "Malte" Malt à Chemnitz en 2007 : "Je me rappelle le moment où nous étions devant la salle où son urne était exposée, avec toutes les couronnes. Puis il y a eu un morceau du CD de Luni : « Celui qui ne perd pas espoir … » Ceux de Chemnitz devant moi et à côté de moi ont tous pleuré, j’ai trouvé ça très prenant et pas du tout gênant … très fort. Ou alors lorsque le fondateur de HooNaRa s’est agenouillé plusieurs minutes devant la tombe de Malte … tout ça, je ne l’oublierai pas."

"Hooligans contre salafistes"

Roland Sokol a participé de manière déterminante à l’organisation de l’arrivée de douzaines d’anciens hooligans le 23.02.2013 à Sarrebruck (Saarbrücken). « Le 23 février nous sommes allés à Sarrebruck avec 90 hommes. Une sortie d’anciens, football. 45 que des vieux, tous des DS, ou d’anciens, tous Süddeutsche Front, City Boys, des gens des années 80 jusqu’à 93, lorsque DS a été dissous." Son pseudo qu’il utilisait souvent sur des forums internet, Odlglory Karlsruhe, fait référence également à son passé comme hooligan nazi violent. Mais dans les dernières années, on ne le voyait plus dans les stades, parce qu’il y avait rencontré des problèmes. Sokol avait ses réseaux également au niveau suprarégional dans le milieu nazihool. Par ses activités de longue date et par ses relations actuelles, Sokol – et du coup le Verfassungsschutz qui s’est longtemps tu à ce sujet (schweigende) – était informé dans le détail, et dès les débuts, de tout ce qui concernait ce qui est connu désormais sous le nom de "HoGeSa", le mouvement hooligan nazi, et impliqué dans ses activités.

« La masse des hools bêtes à bouffer du foin »

Sokol prit part à l’un des premiers défilés HoGeSa du 23.03.2014 : « J’ai rencontré Schüttler and Co à MA, quand nous avons tous défilé contre les salafistes. » Préalablement au grand défilé nazihool à Cologne, il avait écrit au nazihool de Hambourg Thorsten de Vries : « Malheureusement, la manifestation n’est pas contre l’islamisme et la grande masse des hools est bête à bouffer du foin en matière politique. (…) c’est une telle occasion, mais il faut des gens intelligents qui dirigent ça. Le mieux ce seraient nos gens qui sont nationaux … KC joue apparemment, c’est déjà un début, ils ont bien évolué. (…) c’est très important qu’il y ait beaucoup de gens politisés là-bas. J’ai déjà poussé pas mal de gens à y aller, des nôtres de Karlsruhe il y aura au moins 30 boxeurs (…) La journée peut entrer dans l’histoire, je m’étonne depuis longtemps que l’Etat ne prononce pas d’interdiction. (…) Il faudrait mettre Andi (Division Germania) sur la scène pour une ou deux chansons, pour la cerise sur le gâteau. Ça fera vomir la gauche et l’Etat. Dans le calme. Sinon, c’est une manifestation déguisée AfD, ce qui me dérange. Beaucoup même. Et pour cause : les salafistes dehors, mais les musulmans qui vivent ici, c’est bon. Je vois le type de l’Est, on a Fight Night, il est l’arbitre :-) et Andi sera là aussi … Salut et bon samedi  !!!!!! » Ailleurs, Sokol étale ses fantasmes de fin du monde et de violence face à Thorsten de Vries : « Notre fin ne peut être que ralentie, mais plus stoppée … Il faudrait massacrer des millions pour arrêter cet envahissement par les étrangers. »

Nazis et rockeurs et rockeurs nazis

Il n’y a pas que la transition de vieux skin nazi à hooligan qui soit floue, elle l’est aussi entre le milieu nazi et le milieu rockeur. Des douzaines de connaissances nazies et d’amis hooligans d’extrême droite de Roland Sokol sont entre temps bien ancrés dans le crime organisé. Avec eux aussi, toujours à jour, il a gardé le contact jusqu’à sa mort. Au sujet de Ralf « Schüttler » Schütthelm, cadre nazi de longue date et nazihool, Sokol racontait : « Schüttler, oui. Au début Spire, maintenant Lautern. Un très bon ami à moi. Et chef de la Security Karlsruhe de « Gremium »*. » Schütthelm avait été autrefois avec Achim Pfeiffer membre de « Blood&Honour ». Pfeiffer lui aussi serait entre temps membre de « Gremium » tout comme le hooligan nazi Thorben Heuser, ancien membre de « Thors Hammer », le groupe de rock de droite de Karlsruhe, dissous au milieu des années 90. Sascha Teeuwen et Christian Präg quittèrent eux aussi « Blood&Honour » pour rejoindre les « Hells Angels ». Peu de temps avant d’être admis chez les « 81 », Präg songeait encore à entrer à la « Hate Crew ». Thomas Knaus, qui avait accompagné Sokol à la « Marche pour Heß » du 17.08.2002 à Wunsiedel, et qui avait été également à des concerts nazis au « Rössle », est entre temps chez les « Hells Angels ». Wolfgang Benkesser en revanche est membre à la fois des « Hammerskins » et des « Hells Angels ».

Clubs rockeurs multiculturalistes

Steffen Föll, « camarade » de Sokol, était dès 1985 membre actif de l’organisation anti-antifa « Service de sécurité » et passait pour être violent. Il connait bien Roland Sokol depuis l’époque FAP ; après le défilé nazihool à Cologne le 26.10.2014, il a essayé de le pousser à participer à des actions des nazihools antimusulmans – mais Sokol était déjà trop malade à ce moment-là. Le fait que Föll soit membre des « Hells Angels » Greifswald ne l’enthousiasmait pas, car il trouvait le club de rockeurs trop « multikulti » : « Je garde mes distances par rapport aux rockeurs. Multikulti etc… j’ai suivi ça durant des années, ce qu’il y a vraiment derrière ces clubs, et travaillé à la porte pour les HA… mais bon, chacun doit avoir le droit d’aller son chemin. » Föll se justifia : « Je vis ma vie … je suis nazi depuis ma jeunesse … et j’exprime dès que j’en ai l’occasion ce que je pense … mais est-ce qu’il faut que je continue à me heurter à un mur, avec ces actions contre productives (manifs autorisées, etc.) ? nous allons pour Potsdam … sommes tous de bons garçons allemands … qui viennent pour beaucoup du BFC* ! » Sokol admirait le rockeur nazi des « Vandales » de Berlin. A propos de Michael « Luni » Regener, il écrivit ceci : « Je l’ai vu en 93 à Berlin au congrès du parti FAP avec les Vandales. C’étaient de bons garçons. » La structure d’organisation des « Hammerskins » s’appuie également sur celle des clubs de rockeurs.

Enquêtes contre le chef des Hammerskins

Après les révélations sur le NSU, la pression pour que la police et le ministère public enquêtent, augmenta. Des cas de migrant.e.s assassinés ou décédés dans des conditions mystérieuses qui n’avaient pas été élucidés ont été réexaminés. A Ludwigshafen, les recherches concernant l’incendie du 03.02.2008 de la maison habitée par des Turcs place de Danzig (Brand des türkischen Wohnhaus), au cours duquel 9 personnes avaient trouvé la mort, avaient été arrêtées au bout de 4 mois. Mais jusqu’au bout, on n’avait pu exclure l’hypothèse de l’incendie criminel et c’est ainsi que l’enquête reprit fin 2011. Les soupçons des enquêteurs se portèrent sur Malte Redeker, cadre nazi local, commerçant nazi à l’échelon suprarégional et chef européen des « Hammerskins ». Et le Verfassungsschutz chargea de son côté ses indics de s’informer dans le milieu, à la suite de quoi Sokol a contacté beaucoup de ses camarades en posant des questions précises sur le NSU et les structures du milieu nazi en général. C’est ainsi que Roland Sokol, au cours d’un « interrogatoire amical » s’est fait faire un rapport sur l’enquête dirigée contre lui. Pour reprendre les termes de Redeker : « Le chef du BKA* et le ministère public ont personnellement fait rouvrir l’enquête sur l’incendie dans la maison des basanés ici au coin de la rue il y a 3 ans et ils enquêtent contre moi. »

De « Blood&Honour » aux « Hammerskins »

Les « Hammerskins » sont l’une des rares tentatives organisées de stabiliser la scène nazie militante à l’aide de concerts conspiratifs, de manifestations de sports de combat et autres manifestations internes au milieu. Roland Sokol n’a pas été le seul à se mettre à la recherche d’une nouvelle patrie politique après l’interdiction de « Blood&Honour ». Dans le « Chapter Franken » ­­– particulièrement actif – autour de Frank Zunner par exemple, qui planifiait pour le 31.10.2015 un « Joe Rowan Memorial Concert », on rencontre en même temps que Dirk Breuer et Roland Brechtl plusieurs anciens cadres de B&H. Roland Brechtl passait pour un dirigeant de la section bavaroise de B&H.

Tu n’organiseras pas de concerts nazis.

Bastian Fiedler a lui aussi un passé de protagoniste de « Blood&Honour ». Bastian Fiedler, né le 29.05.1976, exploitait à la fin des années 1990, à partir de Wehr, Laufenburg et Rickenbach, la vente par correspondance « HRS-Fanzine-Versand » proche de « Blood&Honour » sous son nom de naissance Bastian Makowski. Il était impliqué dans l’organisation du concert « Hammerskin » du 06.10.2012 à Malsburg-Marzell avec le groupe « Hammerskin » de Forêt Noire « Slapguns » et le groupe nazi de Chemnitz « Blitzkrieg. Sokol était présent lui aussi. Il était en rapport aussi avec Jörg Richter de « Blitzkrieg ». « Hangaround », « Prospect », « Hammerskin » En 2012, Roland Sokol a cherché à se faire accepter – et y est parvenu – par le « Chapter Westmark » des « Hammerskins », implanté dans le nord du Pays de Bade, en Rhénanie Palatinat, en Hesse du sud et dans la Sarre. Il est passé par les étapes habituelles, candidat « Hangaround » pour commencer, période d’essai « Prospect », et puis admission comme membre à part entière. A peine admis, Sokol était déjà impliqué dans l’organisation. Pour le 03.11.2012, le « Chapter Westmark » prévoyait un grand concert rock nazi en France, organisé dans le secret. Comme Sokol s’occupait du bus pour se rendre au concert, Malte Redeker lui indiqua en amont le lieu prévu pour le concert : "Prière de ne donner l’adresse à PERSONNE avant le 17. Pas même au meilleur ami, au chien, au chat du voisin, ou à qui que ce soit d’autre ;-)."

Petite intervention antifasciste

Sokol transmit immédiatement l’information au Verfassungsschutz, mais comme ce fut le cas par la suite dans l’affaire du « Rössle », ce n’est qu’après une intervention antifasciste que la location pour le concert, juste de l’autre côté de la frontière franco-allemande, a été annulée. La grande fête, le prestigieux "Hammerfest" a finalement dû se replier sur une solution de fortune, dans la bien trop petite « Taverne de Thor » des "Hammerskins" français. De plus, le « Clubhouse » se trouvait à près de 200 km, à Toul près de Nancy. Quelques mois plus tard, sous la pression antifasciste, les « Hammerskins » français se sont vu donner leur congé pour leur « Clubhouse ». (gekündigt)

Le Verfassungsschutz ment

En mai 2013, les « Hammerskins » des « Chapter » Bade et Wurtemberg ont été présentés au public intéressé lors d’un outing détaillé. Ainsi se trouvaient réfutées les affirmations que le Verfassungsschutz du Bade Wurtemberg n’avait cessé de produire durant des années, répétant dans ses publications depuis les années 1990 : « Dans le Bade Wurtemberg, il y a, il est vrai, des Skinheads d’extrême droite isolés qui entretiennent des rapports avec les « Hammerskins », mais jusqu’ici, on n’a jamais pu constater l’existence de ce qu’on appelle un « Chapter » (groupe régional)."

« Provoke some problems »

La publication a déclenché la panique dans le milieu « Hammerskin » du sud-ouest et entraîné plusieurs départs. Malte Redeker en tant que chef pour l’Europe et secrétaire général des « Hammerskins » a écrit à ses « frères » des autres « Chapters » européens et étatsuniens : « That the gouverment is reading our e-mails, tapping our calls, checking our mails is old news to us. Whenever you decided to join our struggle, sooner or later you will experience first hand, the so called rights « civil rights » in our democracies. But it has been worst in the past month, mainly in Germany. Some authorities do cooperate with the Antifa and provides them with insight information about our brotherhood. Few weeks ago, a deep insight on the Hammerskins in Baden Württemberg (one of Germanys southern states) has been released on a Antifa Platform. Those informations are not from the reds, but straight from the secret Police. How it came into the hands of the reds is still not confirmed, but it sucks, anyway. Here is the link to the article : linksunten.indymedia.org/de/node/86117. Basically all members, prospects and hangaround names has been dropped, including their private adress, date of birth and in some cases even their work place. In some countries, that does not matter, if you are NS/ Pro White or not. In Germany, those kind of exposures lead usually to unemployement. Its not really a personal risk, the reds are usually not brave enough trying to smash us, but they are a pain in the ass and can provoke some problems to some of us. Over that Exposing article on the internet, we lost 3 brothers. Bastian and Bucher from Baden, Vogel from Württemberg. Bastian used to be a patchholder for about 12 years, Bucher for about 5 and Vogel for maybe 2. »

Pretty Good Treachery

La théorie du complot de Malte Redeker, typique du milieu nazi, selon laquelle instances étatiques en charge des enquêtes et services secrets travailleraient au bénéfice des antifascistes, apparaît sous un jour nouveau après la révélation du fait que Sokol était un indic : en réalité, c’est le chef pour l’Europe des Hammerskins qui a fourni, à son insu, des informations aux services secrets. Le codage de la communication interne ne suffit pas à protéger de la trahison.

L’indic partenaire

Que les « Hammerskins » avaient été espionnés durant des années par un indic, était un fait connu dès 2002. Mirko Hesse du « Chapter Saxe » a travaillé pendant des années pour le Verfassungsschutz au niveau fédéral. Alors qu’il est de notoriété publique qu’il a trahi, Mirke Hesse garde de très bons contacts avec le milieu nazi. Il s’occupe du service d’impression « druckbude.com » et obtient des commandes entre autres de Malte Redeker. Les tee-shirts nazis proposés par Redeker, tels le tee-shirt « HoGeSa », le tee-shirt « Unsterblich »-Soli, les tee-shirts des groupes "Division Germania" et « DST », ainsi que divers articles pour « Hammerskin » et « Crew38 » ont été imprimés par Mirko Hesse, comme on pouvait le lire dans le magazine Antifa Infoblatt dès janvier 2015.

Les « Hammerskins » et le NSU

Après que le NSU a été découvert, les « Hammerskins » ont craint une procédure d’interdiction, entre autres à cause des liens de leurs membres avec l’environnement NSU. Pourraient être dans le collimateur des enquêteurs, en plus du « Hammerskin » Thomas Gerlach, son « frère » Christian « Batman » Kunja. Dès mars 2008, Kunja était en contact avec une adresse mail "derrosarotepanther@hotmail.de" bien avant que soit connue la vidéo du NSU dans laquelle une panthère rose joue le rôle principal. Dans le carnet d’adresses de Kunja, l’adresse mail était marquée du nom de « Wolle » — le sobriquet de Ralf Wohlleben de Iena, accusé dans le procès NSU. Cette adresse mail derrosarotepanther@hotmail.de devait être connue d’au moins deux douzaines d’autres « Hammerskins ».

Paranoia strikes deep

Par peur de la pression accrue sur les autorités, suite aux enquêtes autour du NSU, les Chapters « Westmark » et « Mecklenburg » ont été dissous en 2013 pour la forme. Tous deux ont continué à fonctionner sous d’autres noms – un peu comme dans le cas de clubs rockeurs tels les « Hells Angels » face aux menaces de procédures d’interdiction. Le « Chapter Westmark » de Sokol s’est donné le nom « Chapter Westwall », les membres de Hesse de « Westmark » se sont transformés en « Chapter Kurpfalz », et « Mecklenburg » est devenu « Nordmark ». En plus, les conflits internes des « Hammerskins » de « Westmark » se sont envenimés, entraînant plusieurs départs et exclusions. C’est ainsi que sont partis en particulier certains « Hammerskins » de longue date, Matthias Herrmann, Frank « Ed » Molina, Stephan Oppelt et Dennis Kühlwein ont quitté la « Nation », plusieurs "Prospects" tel Nico « Wiesel » Roth ont dû partir – bien loin du slogan si souvent mis en avant « Hammerskins Forever, Forever Hammerskins » (HFFH).

Conséquences : des départs

Des changements de personnes se sont produits aussi dans d’autres Chapters. Tony Gentsch qui fait carrière, tout comme Matthias Herrmann, dans le parti groupuscule nazi « Dritter Weg » (troisième voie), avait quitté le « Chapter Franken » et Christian « Gigi » Holl le « Chapter Bayern ». Holl confia à Sokol qu’il était un grand amateur d’armes : « J’ai maintenant un nouveau hobby super excitant, le tir. J’ai réussi l’examen sur les armes. Ça me plait super, j’ai toujours voulu faire ça. C’est juste difficile de le faire en tant que HS. A cause de l’armement du milieu etc ; tu comprends ça ? Je tire là avec toutes sortes d’armes et de calibres. » Au « Chapter Portugal », ça grinçait aussi – on menait des batailles pour les répartitions et le pouvoir, liées directement au crime organisé.

Hammerskin chez ThyssenKrupp Gerlach

Concernant l’une des nombreuses discussions internes au sujet des conflits du « Chapter Westmark » (entre temps « Westwall »), Robert « Robby » Kiefer, qui travaille comme ingénieur chez Thyssen Krupp Gerlach à Homburg et qui est membre du groupe nazi "Wolfsfront", écrivait à Malte Redeker : « Roland est vraiment dans mes petits papiers. Je l’aime bien, lui et sa manière d’être, car nous nous ressemblons diablement. Je discute souvent avec lui sur le boulot et toutes sortes de choses, on se téléphone régulièrement. Certainement une fois par semaine. Mais je le répète et le répèterai encore : Un Chapter vit des gens qui font quelque chose et qui voyagent, et c’est bien sûr un critère très clair pour des candidats. L’âge de quelqu’un m’est relativement égal. Molina et Matthias étaient tous les deux plus âgés et membres plus longtemps que plus d’un. Ça ne leur a servi à rien ! Vieillir n’est pas une performance et ça ne dit rien de ce qu’on est. Le dernier des idiots peut vieillir ! Mais maintenir continuellement un certain niveau de bienséance et d’activités, ça ce n’est pas à la portée de tous, et ça, ça correspond à la conception élitiste qui permet à beaucoup de pérorer mais que très peu arrivent à respecter : maintenir continuellement un bon niveau de discipline, de respect et d’activisme. Et nous voilà encore une fois à Forrest Hyde :-) Roland est un type super et je l’apprécie beaucoup, mais il n’est ni meilleur ni plus mauvais que n’importe lequel des autres postulants ! Ça veut juste dire que pour moi, il n’a pas de bonus simplement à cause de son âge ! Avoir un certain âge ne signifie tout simplement rien ! Pour son caractère, bien sûr  ! Sans problème ! »

« Un certain niveau de bienséance et d’activité »

Malte Redeker se déclara d’accord avec l’appréciation de Kiefer au sujet de Roland Sokol : « Bien sûr que ce n’est pas une performance que de vieillir. Là nous sommes d’accord. Mais tu l’évoques toi-même : « avoir un certain niveau de bienséance et d’activités, tout le monde n’en est pas capable, et Roland est à ce niveau depuis 27 ans. Comprends-tu ce que je veux dire ? Prenons par exemple pour comparer Johnny dont le niveau est actuellement plus élevé, sans avoir atteint la durée. Moi et toi certainement aussi entre temps, nous avons vu venir et partir des centaines de gens. Beaucoup d’entre eux avaient leurs « bonnes années ». Mais au bout du compte, il ne reste rien. Quand quelqu’un prêche des années durant la lutte jusqu’au bout, l’activisme, l’action, la résistance, blablabla, pour se mettre ensuite complètement au repos, tout son baratin des 5-10 dernières années jette une lumière entièrement différente sur ça. C’est facile de radoter sur la résistance jusqu’au bout, et puis de se mettre à genoux à la première visite des flics. Ce n’est pas un reproche contre aucun des prospects, je ne veux pas qu’on me comprenne mal. Mais Roland par exemple a maintenu son niveau ces dernières décennies. Et là presque tous dans le chapter en sont encore très loin. A mes yeux Roland a fait ses preuves, mille fois mieux que quelqu’un qui à 25 ans a 2,3 bonnes années. Si dans 10 ou 15 ans, il a toujours son niveau, je lui tire mon chapeau. Je n’aime pas distribuer des lauriers prématurément, et que penser d’un Dennis ? Il se tatoue un hffh, participe pendant 7 ans et se rend compte que « hs est comme une vieille relation qui s’est défaite ». Qu’est-ce que c’est que cette merde ? hffh qu’est-ce que ça signifie déjà ? Donc j’évalue rétrospectivement tout un peu autrement qu’avant. Pour Winkenbach, je suis plus nuancé, il s’est fait harceler et mettre dehors par Dennis et il a eu beaucoup trop peu de soutien dans une période pas drôle pour lui. Il est simplement frustré et il a jeté l’éponge. Au lieu qu’on le soutienne, on le frappe dans le dos. C’est une tout autre histoire. »

Nouveaux arrivants chez les « Hammerskins »

Furent accueillis comme nouveaux membres, en 2013, Andreas Koroschetz, musicien nazi entre autres dans la « Division Germania », « Stahlgewitter » et « Rotte Charlotte », et en 2014 Thilo « Anwalt » Seger, qui, après ses études de droit à Sarrebruck, travaille maintenant comme avocat et fait des « expertises » pour Malte Redeker sur le contenu susceptible d’inciter à la violence de ses productions musicales. Redeker trouva également son conseiller fiscal dans le même milieu. Comme Markus Frntic, c’est le protagoniste nazi bien connu Michael Dangel de Heilbronn qui le conseille. Parmi les nouvelles recrues de « Chapter Westwall », on compte aussi Jonathan Kennel, de Lorraine, qui joue avec Robert Kiefer dans le groupe « Hammerskin » « Wolfsfront ». Marc Hoppe et Christian « Dizzy » Müller, des amis de Sokol venant du milieu nazihool ont eux aussi cherché à entrer chez les Hammerskins dès le début de l’été 2013.

Prêt à voyager et sociable

Roland Sokol voyageait volontiers et était sociable, deux qualités attendues aussi bien de la part d’un « Prospect » chez les « Hammerskins » que d’un informateur du Verfassungsschutz. Il allait régulièrement à des rencontres des « Hammerskins » dans toute l’Allemagne, à des « National Officers Meetings » (NOM). En juillet 2014 par exemple, il s’est rendu conjointement avec Marco Berlinghof de Plankstadt, alors « Prospect », à Berlin, ou en novembre 2014 à Anklam. Il a pris part également à des rencontres destinées à tisser des réseaux à l’échelle européenne, appelées « European Officers Meeting ». C’est ainsi qu’il est allé à des concerts « Hammerskins » d’Espagne en Suède, qu’il s’est rendu en avion à un « EOM » à Béziers, dans le sud de la France, les 18 et 19 mai 2013, qui avait été organisé essentiellement par le « Hammerskin » français Sylvain Ortet de Cazavet.

Devant la tombe de « Hammer Max »

Le 27.07.2013, Roland Sokol a pris part, avec des douzaines d’autres « Hammerskins », aux obsèques d’un « Hammerskin » bavarois, Maximilian Reichel, qui s’était tué en moto, à Eching, Landkreis Freising. En juillet 2015, parut dans le commerce en ligne « Wewelsburg Records » du « Hammerskin » et membre d’une corporation étudiante Hendrik Stiewe de Bochum, une compilation « En mémoire de Hammer Max », une « International Hammerskin compilation with Definite Hate, Blutbanner, Deaths Head, Preussenstolz, Zurzir etc. »

German British Nazi Friendship

Le 20.09.2013, Sokol prit l’avion pour aller au concert en mémoire de « Ian Stuart Donaldson », organisé en Grande-Bretagne par « Blood&Honour UK », avec un groupe de plusieurs « Hammerskins », parmi lesquels Malte Redeker, Arnd Rademacher et Robert Kiefer. En plus du « Hammerskin » Hendrik Stiewe, avait pris part à l’événement qui attira 1500 autres nazis, une vieille amie nazie de Sokol, une habituée des concerts, Claudia Hoppen de Wiesbaden.

« Ring der Nibelungen »

Sokol était impliqué dans l’organisation de concerts, il était alors fréquemment responsable des contacts avec les groupes nazis, et il était également impliqué, depuis le début, dans l’organisation de manifestations de sport de combat Hammerskins. La première manifestation de ce type, appelée « Ring des Nibelungen » a eu lieu le 14.09.2013, la deuxième le 25.10.2014 à Vettelschoß en Rhénanie Palatinat, dans les locaux du club de boxe « Asgard ». Malte Redeker occupait la fonction d’arbitre. Ce tournoi de sport de combat, où s’affrontent uniquement des nazis, venus de toute l’Europe, a lieu désormais régulièrement ; le prochain tournoi est prévu le 17.11.2015.

L’infrastructure « Hammerskin » en Europe

En février 2013, les « Hammerskins » ont ouvert un « Clubhouse » à Sarrebruck-Rußhütte, où Sokol se rendait régulièrement. Après une intervention antifasciste (antifaschistischen Intervention), leur bail a été résilié. Ils ont perdu également le « Hate Bar » qu’ils ont occupé par la suite, à Sulzbach-Altenwald en Sarre, peu avant qu’ils ne parviennent à réaliser leur projet de l’acheter. Malgré tout, les Hammerskins disposent toujours d’une infrastructure internationale pour leurs rencontres et concerts nazis. C’est ainsi que les « Hammerskins » portugais ont un clubhouse Rua das Hortas à Olival Basto à Lisbonne. Depuis qu’il a perdu son local de Toul, le « Chapter Lorraine » tient un « clubhouse » à Combres-sous-les-Côtes entre Verdun et Metz, ce contre quoi s’organise néanmoins une résistance locale et régionale. Le propriétaire est Jérémy Flament. En août 2014, les Hammerskins français, rassemblés en un seul Chapter, avaient décidé de se scinder en trois groupes, « Sud de la France », « Nord de la France » et « Lorraine ». Le « Chapter » espagnol s’est également scindé à l’automne 2014 en deux régions « Asturias » et « Madrid ».

« Soyons gais, mes chers frères »

En septembre 2014, Roland Sokol, qui avait de surcroît une sclérose en plaques, s’avéra avoir un cancer du foie. Lorsque le diagnostic fut posé, il avait déjà des métastases osseuses dans le sternum et des métastases dans le poumon. Il devait décéder le 22.09.2015 à 12:45, après plusieurs chimiothérapies. Sokol n’est pas le seul nazi à être tombé malade, probablement en raison des quantités astronomiques d’alcool consommées, comme il le constata lui-même avant sa mort : « Depuis 2006, j’ai été à 14 enterrements. Accidents. Maladies. Suicides. 4 qui se sont pendus. Drogues. Alcool. Autrefois premier rang. » Peu après la mort de Roland Sokol, ses amis nazis se mirent à publier des nécrologies, des photos souvenirs, avant tout dans des médias sociaux. Les « Hammerskins » en particulier, qui avaient fait une photo de groupe souvenir encore avant sa mort, composèrent des images et des photos kitsch, représentant des sortes d’autels, où l’on voit la photo de Sokol entre les marteaux croisés, éclairée par un cierge. Malte Redeker, « profondément attristé », posta une photo de Sokol, les bras croisés, avec le logo « Hammerskin ».

Indic Roland : Présent !

Le « Hammerskin » Andreas Koroschetz écrivit sur sa page Facebook : « Très cher ami, camarade et frère. Nous nous reverrons. HFFH ! » Marc Hoppe parle d’une « ultime bataille » malheureusement perdue par Sokol et publie l’un des derniers enregistrements de Sokol. A son appel « Roland-Présent  ! », des douzaines d’autres nazis ont réagi par des condoléances maladroites, de même qu’à l’appel de Frank Zunner : « Bon voyage vers l’autre rive, mon frère ! Skinhead Roland - Présent  !!!! » Christian Hehl a publié une photo souvenir qui le montre avec Schütthelm et Sokol. Le nazihool Marc Schiffko, qui connaissait Sokol depuis leur service militaire, se lamenta à travers des douzaines de Sokol-Mémorial-Postings, avec des liens Youtube vers des vidéos de l’album « Noie Werte » « Verraten und verzockt » (trahi et dilapidé). Wolfgang Benkesser écrivit : « J’ai eu le privilège de faire la connaissance de Roland Sokol il y a 17 ans. Un homme qui dès cette époque suivait sa propre voie. En tant que Skinhead, il était exemplaire. De modèle, il est devenu un ami, puis un frère. J’espère que tu seras admis à la table de nos ancêtres. Je ne t’oublierai jamais, frère. HFFH. » Hartwin Kalmus, Pablo Allgeier et des « Hammerskins » de Suède jusqu’au Portugal exprimèrent leurs condoléances.

Jérémiades et plaintes incessantes

Une annonce mortuaire signée « Hooligans Karlsruhe » est parue dans le journal local. On salua avec pathos le nazihool qui n’avait cessé de se plaindre du sort qui l’accablait : « Tu as supporté vaillamment la maladie, sans jérémiades ni plaintes. Te voilà délivré, nous ne t’oublierons jamais. » Non seulement Sokol s’est plaint des séparations et de la maladie, mais en plus il souffrait souvent de sa solitude : « Le reste des vieux Skins de Karlsruhe est soit bourgeois, parti sans laissé d’adresse, malade psychiquement ou mort. » Un thème qui revient tout particulièrement, ce sont les anciens "camarades" qui se détournent : « Ici, ça fait longtemps qu’il n’y a plus de véritable milieu skinhead, les gens sont soit bourgeois-indifférents-morts partis soit Hells Angels/Gremium etc... C’est le cours normal des choses, bien des choses changent et la culture parallèle se réduit. Ceux de ma génération sont tous partis, la relève est quasiment inexistante, ou impossible à prendre au sérieux. »

Merci d’avoir confié ta requête à Amen.de

La sœur chrétienne fondamentaliste de Sokol a, elle aussi, fait paraître une annonce de décès. Elle y décrit Sokol comme un chrétien qui aurait retrouvé le chemin de la foi au cours des derniers mois de son existence. Et de fait, Sokol, déjà en route pour la Walhalla, se décida au dernier moment pour le Ciel des pauvres en esprit. « Tu peux consulter à tout moment ta requête, le nombre de ceux qui prient et le feedback : amen.de/gebet.php ?view=N4nRk9ktZe »

Ils sont ce qu’ils sont : les amis d’un indic

Le "Hammerskin" Wolfgang Benkesser résume les nombreuses interventions : « Mes amis, la sympathie qu’a suscité la mort de Roland est grandiose. Je lis des messages de condoléances venus de tous les coins de toute l’Europe. Ce qui me fait réfléchir ici, c’est le fait que nous sommes ce que nous sommes ou qui nous sommes. Que nous soyons Hells Angel Bandito ou Gremium, ou B&H ou Hammerskin ou que nous soyons de Mannheim, de Karlsruhe ou de Lauter, n’a pas d’importance. Nous sommes tous des frères du même sang et de la même tribu. Il ne s’agit pas d’argent ou de volonté de pouvoir, mais de valeurs et de fierté et de notre patrie. Souvenez-vous l’époque est mûre. CAR NOUS SOMMES CE QUE NOUS SOMMES… »

« Objet : Enterrement Sokol »

L’enterrement a été organisé en grande partie par Angela « Gurke » Deym d’Ingolstadt, dont le nom complet est Comtesse Angela von Deym von Stritez. Dès les années 1992, elle allait à des concerts nazis en compagnie de Roland Sokol et s’est rendue également, avec les nazis de « Faustrecht » à leurs concerts au « Rössle » à Sollingen. Dans les jours qui ont précédé l’enterrement de Sokol, elle a collecté de l’argent auprès de ses camarades nazis. « Comme la plupart d’entre vous l’auront appris, notre ami et frère est entré aujourd’hui dans sa liberté, après une longue maladie contre laquelle il a lutté courageusement. Il nous faut encore une fois nous mettre ensemble pour un enterrement qui fasse honneur (la maladie n’a pas rendu cela possible). Nous avons donc ouvert un compte et espérons que vous participerez tous dès maintenant et jusqu’à ce que tous les frais soient couverts. Objet : Enterrement Sokol. »

Il continue de vivre à travers ses rapports d’indic

L’enterrement a eu lieu le 02.10.2015 au cimetière central de Karlsruhe. Après la célébration funèbre, 200 nazis environ, parmi lesquels beaucoup de hooligans, rockers, musiciens nazis et « Hammerskins » avec leurs blasons, se sont rendus devant la tombe, à l’emplacement n°66. De son vivant déjà, Sokol avait évolué dans des espaces essentiellement masculins, il y avait donc peu de femmes parmi les présents. Les couronnes avec les rubans de différents groupes nazis ont été présentées fièrement sur Facebook par la suite. Ce sont Dirk Metzner, Steffen Hammer, Klaus Heib et Malte Redeker, les « camarades » de longue date de Sokol, qui ont avancé le cercueil vers la tombe. Autrefois, Hammer et Heib avaient joué avec leur groupe « Noie Werte » la chanson Walhalla : « Quand tu entendras cette chanson, il sera à la Walhalla ! Sa vie entière a été consacrée à la cause, sa conscience a toujours été pure ! Nous avions un camarade, tu n’en trouveras pas de meilleur ! Il était un des meilleurs soldats et nous ne l’oublieront pas ! »

Le Verfassungsschutz protège les organisations nazies

D’après les informations diffusées via un tract antifasciste « Gamma » (Antifaschistischer Newsflyer „Gamma“), le Verfassungsschutz avait empêché une interdiction des « Hammerskins » en 2000, au moment de l’interdiction de « Blood&Honour » ; l’argument avancé avait été la nécessité de protéger des informateurs dans les rangs des « Hammerskins » : « Toutes les informations concernant des personnes proviennent de la présence d’informateurs – pour l’essentiel au service des autorités régionales du Verfassungsschutz. De ce fait, elles sont classées comme documents confidentiels et soumises à la protection des sources. » La présence d’indics dans les organisations nazies (Spitzeln in Naziorganisationen) peut donc avoir pour conséquence, non seulement que ces dernières sont construites, financées et soutenues par les Services secrets, mais qu’en plus, elles bénéficient de la protection de l’Etat.

Abolition du Verfassungsschutz !

Autonome Antifa Freiburg

GLOSSAIRE

Verfassungsschutz : Direction de la sécurité du territoire ; littéralement : Office pour la protection de la Constitution. (cf DST en France) Existe au niveau fédéral et au niveau régional.
Hartz IV : revenu minimum (fusion en 2002 entre chômage de longue durée et revenu minimum, du nom de Peter Hartz, président de la commission de « modernisation du marché du travail » à l’époque – DRH de VW jusqu’en 2005)
BFC : Berliner Fußball Club
NPD, Nationalsozialistische Partei Deutschland : parti d’extrême droite
Triebtäter : Trieb = instinct, pulsion ; Täter = criminel
Endstufe Crew : Endstufe = étape finale
Noie Werte : valeurs nouvelles
Hammerskins : der Hammer = le marteau
Kreuzritter für Deutschland : les croisés pour l’Allemagne
Radikahl : kahl = chauve
Sturmtrupp : troupe d’assaut
Fausrecht : droit du plus fort ; Faust = poing
Furchtlos und treu : sans peur et fidèle
Schlachtruf : cri de guerre
Gremium : « comité », club de moto, crime organisé

BND, Bundesnachrichtendienst : Service de renseignement fédéral
SEK, Spezialeinsatzkommando : Dection spéciale de la police
BKA, Bundeskriminalamt : Direction générale de la police judiciaire
LKA, Landeskriminalamt : Direction régionale de la police judiciaire
MAD, Militärischer Abschirmdienst : service de sécurité militaire


Le Communiqué avec des photos sur Indymedia linksunten

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